Critique : Les voyages de Gulliver

Gulliver chez les lilliputiens, histoire très connue dans la culture populaire, maintes fois parodiée ou adaptée (au cinéma par exemple), n’est pourtant que la première partie d’un récit bien plus long : Les voyages de Gulliver. Véritable critique sociale, son auteur Jonathan Swift va, aux travers des différents peuples croisés par son héros, remettre profondément en question les travers de la société humaine et plus particulièrement celle de l’Angleterre du 18ème siècle.

Cet article dévoile de nombreux passages de l’intrigue, si vous désirez lire et découvrir l’œuvre par vous même, quittez cette page et revenez après votre lecture.

Premier voyage

Gulliver et les liliputiens
Gulliver et les lilliputiens

Gulliver chirurgien de marine, lors d’un premier naufrage, échoue sur les plages du royaume de Lilliput ; pays où les habitants ainsi que la faune et la flore sont 12 fois plus petits que chez nous.

Alors qu’il dispose de la force d’éradiquer tout ce beau monde, il décidera de coopérer avec le roi et en devenir le protecteur face au royaume de Blefuscu (pays à la même échelle que Lilliput). Ses observations de cet étrange royaume seront un prétexte pour une première critique des sociétés occidentales ; avec par exemple, une subtile référence aux tensions entre les protestants et les catholiques.

Deuxième voyage

Après son retour en Angleterre, Gulliver reprend la mer et échoue cette fois à Brobdingnag, l’inverse opposée de Lilliput. Les choses y sont cette fois 12 fois plus grande ; Gulliver devenant à son tour le lilliputien. Alors que le souverain de Lilliput était belliqueux, celui de Brobdingnag est plutôt pacifique, au deux il fera un exposé sur la politique de l’Angleterre ; chacun y donnera un point de vue différent.

Troisième voyage

Son troisième voyage est composé de plusieurs étapes, la première est Laputa, une ville flottant au dessus de Balbinarbi. Sur Laputa habite la noblesse, sur Balbinarbi, le peuple. Laputa est capable de de nuire à Balbinarbi de plusieurs façon, la plus radicale étant d’atterrir dessus et de tout détruire. Ainsi la première ville, la classe sociale haute, tient en respect la seconde, la classe sociale basse.

Laputa est habité principalement par des scientifiques ; coupés du monde réel, sans cesse plongés dans leur discipline. Lorsque Gulliver se rendra à Balbinarbi, sa deuxième étape, il se rendra compte que les habitants sont surchargé d’impôts afin de financer les recherches scientifiques (souvent délirantes ; à l’instar de la tentative de transformer les matières fécales en nourriture) du royaume.

La troisième étape le conduit à Luggnagg, pays où l’une partie de ses habitants, les Struldbruggs, sont immortels. Toutefois, cette immortalité ne les coupe pas de la vieillesse ; ainsi certains atteignent des centaines d’années, dans un état de dégénérescence total, rongés par les maladies et sans plus aucun souvenir. Incapable de mourir, ils deviennent irascible et sont au fil du temps isolés du reste du peuple.

Gulliver se rendra ensuite à Struldbruggs, pays habité par des sorciers. Le gouverneur grâce à ces pouvoirs de nécromancie, lui permettra de converser avec d’anciennes figures du passé. Suite à ces conversations, Gulliver se rendra compte des mensonges, des erreurs et des inexactitudes de l’histoire.

Gulliver finira par se rendre au Japon, ce qui lui permettra de rentrer en Angleterre retrouver sa famille.

Quatrième voyage

Gulliver et les Houyhnhnms
Gulliver et les Houyhnhnms

Le dernier voyage, probablement le plus important, emmène notre héros au pays des Houyhnhnms ; peuplé par les habitants du même noms ; des chevaux intelligent, sage et raffinés.

Ces derniers ont pour bétail les Yahoos, des êtres à l’apparence humaine mais à l’intelligence et aux mœurs bestiales. Gulliver va énormément apprécier la compagnie des Houyhnhnms et sera dégoûté par les Yahoos, si proche de sa propre espèce.

Lors de son ultime retour en Angleterre, il pendra beaucoup de temps à supporter de nouveau la présence des êtres humains, si éloigné du raffinement des Houyhnhnms  et éprouvera de la nostalgie face à l’apparence de nos chevaux.

Mon avis

L’intérêt de la lecture des Voyages de Gulliver réside avant tout dans la découverte d’une œuvre dont un seul de ses pans est rentré dans la culture populaire. En effet, le voyage à Lilliput ne concerne que le premier quart des aventures du marin.

Même si le chemin menant au différentes étapes du voyage est redondant (un naufrage ou une mutinerie mène Gulliver dans un pays mystérieux dont il est le premier humain à échouer), cassant un peu la crédibilité et la fluidité du récit ; le plaisir de découvrir à chaque fois un nouveau peuple et ses particularités est la principale force du roman.

Même si sous certains aspects la narration souffre de l’âge de l’œuvre (sortie en 1726) ; la redondance dans l’amorce des différentes aventures est un bon exemple ; l’originalité des situations vaut la peine encore à notre époque de lire ce classique de la littérature anglaise.

La critique sociale, centrale dans l’œuvre, peut être universelle ; particulièrement lors de son séjour chez les Houyhnhnms, la partie la plus passionnante du livre selon moi ; quelque fois cette critique est très contemporaine de l’auteur, ciblant la société anglaise du 18ème siècle. Ce dernier point est toutefois intéressant et permet d’appréhender les mœurs d’une époque et d’une culture bien différente de la notre ; il est toujours intéressant d’explorer d’autres perspectives.

Pour conclure, les Voyages de Gulliver est un roman intéressant pour ce qu’il permet de découvrir une histoire populaire dans sa globalité et sa complexité et permet d’appréhender sa fonction première ; une critique de son époque et des société humaine en général.

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