Critique : Crime et Châtiment

Crime et châtiment, la première chose qui attire l’œil dans le chef d’œuvre de Dostoïevski, c’est son titre mystérieux ; et si le mot crime semble facilement appréhendable, c’est bien autour du mot châtiment qu’est tout le mystère et le sel du roman.

Si dans un premier temps, on pense à la punition de la justice, de la loi des hommes auxquels le héros n’a pu échapper, on se rend vite compte que le châtiment en question est une chose plus insidieuse, infligée par le personnage lui-même. Une chose grandissante et bientôt envahissante demandant un soulagement.

Cet article dévoile de nombreux passages de l’intrigue, si vous désirez lire et découvrir l’œuvre par vous même, quittez cette page et revenez après votre lecture.

Résumé

Le personnage principal, Rodion Romanovitch Raskolnikov est un jeune étudiant en droit se retrouvant sans argent. Il ne suit plus ses cours, s’isole de plus en plus du reste du monde en s’enfermant dans sa misère et finit par liquider tout ses biens en les revendant à une vieille usurière. Un jour, va germer dans son esprit un projet : assassiner son usurière et lui voler l’argent qu’elle garde chez elle ; somme supposément élevé vu la nature de ses activités.

Le meurtre de l’usurière

De simple idée saugrenue, ce projet va se transformer en action ; Rodion se trouvant des prétextes pour rendre ce meurtre moralement acceptable à ses yeux. Hélas, son plan se déroulant mal, il exécute également la jeune sœur de l’usurière (dans une scène glaçante), présente par hasard sur les lieux du premier meurtre. Le butin se révélera faible et Rodion s’enfuira sans témoin visuel de son acte.

Et c’est à cet instant que le châtiment de Rodion va commencer. Son double meurtres va le hanter, il sombrera dans la paranoïa et ira jusqu’à tomber malade. Il va également adopter une attitude le mettant sans cesse en danger, à coup d’allusions et d’actes manqués ; allant jusqu’à éveiller les soupçons de Prophyre Petrovitch, le juge chargé de l’enquête du meurtre de l’usurière.

Il avouera son acte à Sofia Semionovna, une jeune prostitué avec laquelle il nouera un lien amoureux, espérant ainsi trouvé la rédemption. Incapable de retrouver la sérénité, il finira pas se dénoncer et sera déporté en Siberie ; son châtiment prenant ainsi fin.

Analyse

Crime et Châtiment est un roman complexe, psychologique, viscérale, s’interrogeant sur la moralité, la rédemption et le pardon. Ici, le héros est son propre juge, c’est lui même, suite à un long cheminement spirituel et moral qui va établir la sentence de sa culpabilité. Une fois cette dernière établie, il se livrera et acceptera sa déportation avec dignité ; dignité disparu à la suite de son double meurtre et regagné à la suite de sa dénonciation.

Rodion se pensait hors de la morale ; autorisé à commettre un meurtre si ce dernier le permet de poursuivre sa destiné de grand homme. C’est seulement une fois l’acte accomplit que sa conscience reviendra à la réalité atroce de ce qu’il vient de commettre, il se souviendra qu’il n’est qu’un homme parmi des millions d’autres ; un homme coupable d’un meurtre.

La relation de Rodion avec Sofia prendra le rôle de tentative de rédemption spirituelle. Sofia, malgré son métier, semble incarner un rôle de sainteté ; seule capable de libérer le héros de ses péchés et donc de sa culpabilité.

Fiodor Dostoïevski

Comme dans tous les Dostoïevski, une part importante du roman sont ses personnages, délicieusement archétypaux et haut en couleurs. Les dialogues, souvent composés de longues proses philosophiques, sont parmi les plus réussis qui m’ait été donné de lire.

La description de la société pétersbourgeoise et de ses réalités sociales est passionnante. Le livre ne se contente pas de juste raconter une histoire ; il interroge sur la nature humaine, sur la morale et sur la part d’ombre en chacun de nous. Rodion n’était qu’un humain, un étudiant normal, qui l’espace d’un instant à pu s’échapper de la morale commune au nom de ses ambitions et idéaux.

Avis

Mon avis est que Dostoïevski est probablement le plus grand romancier que la terre ait porté ; Crime et Châtiment en est une des preuves (Les Frères Karamazov, la preuve indéniable). Crime et Châtiment, en plus de cela, s’offre le luxe d’être agréable et facile à lire ; comme souvent, ces grands romans sont à la portée de tous ; au point que lire, au moins une fois, ces livres n’est plus un plaisir mais un devoir. Lisez Crime et Châtiment, lisez Dostoïevski, lisez les grands auteurs.

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